Des chroniques par disque pour le rock, par label ou disque pour la musique electronique et quelques bons plans (clubs et festivals).

Beaucoup de similitude entre ma djette favorite et Anja-multitâches-Schneider :). Comme Ellen Alien, elle est une productrice solide, une excellente Dj (qui avait son set hebdomadaire sur une radio) et surtout patronne d'un des meilleurs labels qui soit. Comme à mon habitude, commençons par la boss.
Beyond The Valley nous ouvre son univers sonore: deep, chaleureux et relativement varié. Les titres explicites sont choses rares en electro, Safari nous fait voyager en Afrique avec des chants gutturaux et une boucle à mi-chemin entre un djembé et un xylophone. Les nappes accordeonesques/tango de Maki la rapproche de Paul K: une deep charnue avec un côté kitchou. Gimlet est une excellente montée qui aurait une place de choix dans un de mes sets pour ses évolutions : entre minimale et deep chargée. Clairement influencé par UR; Belize est très organique; les cordes mélancoliques fatiguent un peu à la longue... Avec ses allers et venues de nappes acides, le rapide Little Red Hidding Hood ressort comme le morceau dur du LP mais il garde un côté funky et entraînant efficace.

En matière d'electro, tout n'est que recyclage... Y compris au niveau des artistes, aussi la moitié du duo The Youngsters de chez Fcom devient Rodriguez Jr chez Mobilee. Son Bittersweet est définitivement plus sweet que bitter.
Une deep apaisée et plus propre que dans les années 2000´s. La teinte world (Niagadina) fait aussi écho à l'époque F-Com, tout comme le côté organique du morceau titre et de Los Matadores. Plutôt convaincante la tentative dub-minimal The Ubiquitos (depuis que le mec vit en Allemagne, ses titres sont en espagnol, va comprendre...), ou encore la délicate deep-house Shapes I See. L'artiste le plus présent dans mon mix 100% Mobilee...

Troisième et dernier album en ma possession, Lifeblood de Dan Curtin. Le kick lourd de Mirrors Reflecting contraste avec des nappes classieuses et inquiétantes (là encore Dan semble influencé par UR, comme tout le monde !). La seconde partie est beaucoup plus riche avec une voix féminine tout en écho pour un effet "Ibiza" ! Après une intro 4/4 un peu bourrine, Other évolue vers une deep house charnelle dont la boucle et la voix de chaudasse rappelle le culte French Kiss (prochaine soirée à poil, je vous enchaîne les 2 :). Two Tickets To Paris: on ne peut pas faire plus allemand ! Une deep classe et funky dans la lignée des sorties Kompakt. L'interlude Blood casse la monotonie avec un breakbeat gentil sur fond de bruits de zozios... Encore un hommage aux prods UR, le chargé Blast est aussi entraînant que dérangeant, avec des cordes qui posent une tension certaine. On repart du côté d'Ibiza avec le sexy (sauf le nom !) Schlafwagen: quelques voix; la coquine Habida, des nappes bien planantes et un kick bien lourd. Le tranquille Perfect Affair nous renvoie aux morceaux lounge de Kojak, Demon voire Étienne De Crecy... Assez hétéroclite finalement ce Lifeblood; on a même du gros hip-hop US: Can't Say No. Dernier titre dans ma besace, Breath renoue avec une deep riche et classieuse qui domine cet album, et le label en général; en bonus ici, des paroles zarbi où qu'on comprend rien, bien que cela soit en VF !!!

Guido Schneider a débuté chez Steve Bug, les morceaux que j'ai de lui sont sur l'excellente compil mixée Focus On sortie sur Poker Flat. Le type fait dans la deep hypnotique et planante, à l'image de Moesko, Removed, Rundata ou l'inquiétant Styleways.
Parfois une teinte "rebondie" très M_nus: Too Many Voices, Rumours et Super Sander sonnent comme du Marc Houlé.

Enfin,Mobilee, ceux sont aussi les excellentes double-compil Back To Back; j'ai la 1ère en cd car je l'avais commandé comme Kdo de ré-abonnement pour Trax ! Anja nous donne Addicted, de la minimale avec une touche drum/afro: sons de djembés et chants lointains... Full Of You sonne comme les meilleurs sorties M_nus: une minimale bouncy et "liquide". Au bout de 2 minutes, un court break et BAM le kick revient à 12/10: excellent ! La deuxième moitié deep/trancey est moins efficace... Debaya est dans la même veine avec des kick en écho, et quelques micro-vocaux à la Marc Houlé. Restent une deep trancey genre Laurent Garnier: Rancho Relaxo, le nerveux Isolate et un autre cadeau de la boss, l'enthousiaste et bondissant Lily Of The Valley. Mais ce que j'ai vraiment découvert grâce à cette compil, c'est le duo Pan-Pot, je les ai depuis vu 2 fois sur scènes: ils sont énormes ! J'ai gardé leur PO.Box: dans la moyenne des collègues, en plus sombre; et Black Widow, une odyssée tekhouse de près de 10 minutes qui donne un bon aperçu de leurs sets.

Tiga n'aurait pas renié Too Hot, à la limite du plagiat de son Louder Than A Bomb, cad mi-electroclash, mi-acid... mi-pop ! La deep One More Sugar sent "bon" l'after, idem pour Gouache, un peu trop colorée au milieu :-), enfin, j'ai gardé Point Of View: une deep à la limite de la transe.
Une 2ème compil moins réussie mais correcte: logique car elle est sortie un peu vite donc peu de matière entre les 2 tomes...
...: Mon histoire d'amour avec Anja a démarré sur des chapeaux de roues ! Je suis allé la voir présenter son label à la FNAC un après-midi (de Novembre 2006 !) avant de sortir le soir-même au Rex-club où elle mixait avec ses poulains Sebo K et Pan Pot).