Des chroniques par disque pour le rock, par label ou disque pour la musique electronique et quelques bons plans (clubs et festivals).

Décidément Warp ne fait rien comme tout le monde. Alors que le milieu pop-rock s'electronise, LA référence electro depuis plus de 150 ans signe de plus en plus de sorties rock, au point que j'ai pondu 3 nouveaux articles dans cette catégorie Warp-rock. Hasard amusant, on trouve principalement des groupes en G ou B d'où l'idée farfelue de ce découpage...

Malgré mes théories et toute ma bonne volonté, il m'arrive encore de sous-estimer des artistes faute d'avoir trop survolé leur musique. C'est le cas pour Gonsafuji...
Imaginez E, le chanteur de Eels (ou Tom Waits pour les anciens), maintenant imaginez qu'il enfonce encore de 5 cm le micro dans sa bouche : voilà pour la partie vocale! Niveau instru, du bon rock avec une touche western, genre les 7 salopards. Ajoutez enfin un soupçon de folie dissonante 70's entre Frank Zappa et Robert Wyatt et voilà Gonsafuji !
Une femme l'accompagne pour Feedin Birds, l'instru saturée et lente collerait bien en intro d'un Tarentino. Le breakbeat foutraque de Nickels And Dime s'approche de Flylo, le chant est quasi reggae. The Blame est un hip-hop planant aux nappes futuristes, plus simple dans le même style: Blaksuit. Le fond et la forme sont totalement opposés sur Snifin: un air latin gentillet aux vocaux et instru filtrées et joué à 14/10: encore un mélange risqué: what are you sniffing... indeed !
Autre bon point pour la pochette noire et blanche hypnotique à la Vasarely.

En plus d'être excellent, A Sufi And A Killer propose une variété rarissime sur un album. Hip-hop légèrement oriental, Ancestors montre un réel talent de beat-maker, la voix détachée et cassée quant a elle rappelle Devendra B. À la limite du kitchou Sheep et ses chœurs féminins de BO de films 70's fait mouche malgré un final de "imam" un peu relou. Les harmonies chargées de She Gone tiennent la comparaison avec les Beatles, période Magical (je pense au Walrus pour le chant, ou à l'éponyme pour la batterie), mais le type pousse le délire de la voix saturée à son paroxysme ! Guitares Glam VS chant punk, voici SuzieQ, Duet tire vers le trip-hop inquiétant de Tricky alors que Candylane emprunte au funk/hip-hop de feu Dj Medhi. L'association rap/piano de Advice rappelle Gonzales avec en plus des caisses jazzy. Dednd est un autre mélange complexe entre instru égyptienne et prod Motown avec un soupçon de poésie sombre d'un Jim Morrison.

Certains collègues ont remixé G sur le recueil Caliph's Tea Party, je vous conseille Candylane que Bibio a transformé en pop estivale ou la version d'ONR de She Gone, à la voix encore plus zarbi que l'originale La seule règle est qu'il n'y a pas de règle... Du coup ce Captain Beefheart des temps modernes propose un éventail énorme

Plus accessible, le groupe Grizzly Bear fait du blues-rock assez classique mais très bien produit. Le gentil folk Central And Remote monte en puissance avec des nappes chargées qui contrastent avec une mélodie et un chant doux, à la manière d'un Syd Matters. On pense à Robert Wyatt pour le mignon mais légèrement dissonant Little Brother; influence confirmée avec l'étrange Maria: cordes, piano et chant mettants mal à l'aise... Reste Reprise: une pièce de folk acoustique sobre et agréable.

En mettant les couleurs des cartes sur la pochette, ils m'avaient déjà à moitié dans leurs poches :-).
Sur un duo guitare/batterie assez chargé arrive le chant plaintif de Sleeping Ute, ces 2 aspects rappellent Arcade Fire. Speak In Rounds, en revanche, est presque acoustique, le refrain qui accélère donne un effet entraînant. Yet Again, mon titre préféré de l'album, est particulièrement bien chanté, l'instru en retrait est aérienne, ce qui les rapproche, tout comme le piano sur The Hunt, du modèle Radiohead des 90's. Enfin Sun In Your Eyes étire sur 7 minutes une superbe pop langoureuse.

Après une minute d'intro folk acoustique, un flot de batterie déferle sur Southern Point et des chœurs viennent accompagner ce titre à nouveau très Arcade Fire. Avec son petit gimmick de synthé (puis piano) cristallin, Two Weeks a tout d'un petit tube FM; le chant et les chœurs du refrain rappellent l'ambiance Beach Boys. Le doux All We Ask propose une ballade mélancolique et légèrement décalée; on peut penser à Jeff Buckley, voire aux Doors. Le sobre Foreground se contente d'un piano sombre et de quelques coups de tambour, il mise beaucoup sur la voix du chanteur, très agréable en effet; on a quelques chœurs de "sirènes" pour terminer...

Le joli folk Don't Ask a une touche psyché le rapprochant de Syd Barret. Hélas le reste du disque est trop lancinant à mon goût, à la limite du chant religieux: boring !
Mais on est tout de même chez Warp, d'où un disque entier de remixs electro dés l'année suivante !

À la base, je déblatère dans ce blog à propos de la zic que je connais déjà bien, mais il m'arrive de faire la démarche inverse, aussi je suis allé pêcher G. principalement pour taper cet article (et boucher cette lacune de "LE" groupe folk de Warp).
Je n'ai pas encore mis la main sur leur 1er LP (même si j'ai des morceaux grâce à la compil chroniquée plus bas). J'attaque donc avec Flashlight Seasons. Le sobre Fog Round The Figurehead met les 2 voix en avant à l'image d'un Simon & Garfunkel, avec une guitare et un clavier plus modernes, l'analogie avec le génial duo des 60's est encore plus évidente sur I Turn My Face... ou Damage. The Ice Tree est un pur slow à jouer au coin du feu pour pécho ! Hopechapel Hill clôt l'album avec encore une ambiance très 60's accentuée par l'harmonica.

Oscillant entre folk acoustique et BO de film de cowboy, Black Holes In The Sand qui donne son nom au mini album (EP 5titres) représente bien le groupe. Décidément, le groupe assume à fond son influence hippie, y compris dans les titres: Flowers In Her Hair ! Still Water vaut le coup pour ses 2 ambiances assez marquées: à mi-chemin on passe du folk au psyché.

C'est assez original, mais j'ai découvert le groupe avec le disque d'inédits/démos de leurs débuts: Offerings.
Dés The Citizen, j'ai compris qu'on était à l'opposé de Squarepusher ou Clark avec un folk épurée et mignon tout plein. Entertainment et ses sons cristallins rappelle Coldplay en moins neuneu alors que Gas Mask Days ou Romance sonnent comme du Tom McRae. L'instrumental Return To...conclut en douceur.