- Hip-hop plus ou moins électro
Arrivé tardivement chez Ninja Tune avec Running High en 2007, le canadien Ghislain Poirier a bizarrement une patte latino (Que Viva), parfois reggae (Let
Them Hate) mais surtout un style proche du "Kuduro" (break-dance et samba d'après wiki ;-) assez personnel (Karniva, lImmigrant Visa ou
Wha-La-La-Leng) surtout quand ce son est boosté en tekhouse: les inspirés 90's Backyard ou Marathon. No Ground
Under regroupe 3 de ses maxis, au programme: du Kuduro toujours (Go Ballistic et un hip-hop bien drôle, sorte de TTC québécois (Courto, Jusqu'en Haut
ou le limite Ladies & Gentleman), nul doute que le duo allemand Modeselector a été influencé par cette touche sambesque avant même de bosser avec GP sur Blazin
(Modeselektor Remix), Dem Nah Like Me est un hip-hop plus classique dont l'intérêt réside dans le travail sur les instrus, à la Warp, idem sur le speechless Hit & Red.
est un ovni electro-socca qui rapproche Poirier de ses collègues ricains de Ninja Tune, les géniaux Daedelus.
Parmis les rappeurs, Dj Vadim sort du lot;
les paroles souvent délirantes (L'art d'écouter feat TTC), les mélodies fouillées et harmonieuses (Edie Brikel) et sa prestation live en 2003 au nouveau casino m'ont
réconciliés avec le Hip-Hop. Son meilleur disque, U.S.S.R.: The Art Of Listening, est une démonstration impressionnante de ces qualités de producteur: c'est bien simple, j'étais sûr qu'il
s'agissait d'un mix jusqu'à ce que je fouille sur Wiki... Il invite des artistes de toutes parts (Inde, Brésil, France, Mozambique etc.) pour un album-mix qui balaie le
spectre du hip-hop (It's On, Combustible) au trip-hop (The Pacifist). Sous le pseudo
One-self, il s'oriente vers une soul funky légèrement reggae et fort agréable (Black is the night) avec une MC excellente qu'il amène
avec lui en concert. Encore bien entouré, il revient à son style des débuts sur U Can't Lurn Imaginashun (That Lite, Saturday ou l'instru Game Tight). Un drole de gars,
à voir en live si possible.
En 2001, Saul
Williams sort Amethyst Rock Star qui met en avant ses talents de MC (Penny For A Thought), parfois les morceaux sont presque parlés (Robeson, Untimely
Meditations), jamais au détriment d'une instrumentation riche (Tao Of Now, 1987) ou rock: Fearless. Le trip-hop de
11minutes Wine prouve que l'on a pas à faire à un rappeur de base. Autre grand moment du disque, le titre drum sous forme de drop song Coded Language.
Talk To Strangers ouvre sur fond de piano Saul W, l'album. ça crie sur Telegram, le petit hip-hop African Student Movement monte en puissance. Du rock de
bagnole, en veux-tu, en voilà avec Control Freak. Les tueries de cet opu sont les titres big-beat List Of Demands (Reparations) et l'énorme Grippo qui déboite ! Dernier disque en ma possession, The Inevitable Rise and Liberation Of Niggy Tardust (clin d'oeil evident à
Bowie) contient quelques bonnes idées: hip-hop 80's Tr(n)igger, délire mégalo Niggy Tardust, un rap Warpien The Ritual, un coté electro-rock
sur Gunshots By Computer. L'héritage rock est assumé ici plus que jamais avec la reprise couillu de Sunday Bloody Sunday de U2.
Pour moult raisons, il fallait que le premier
artiste Electro à avoir 2 disques chroniqués soit Laurent Garnier. A cette époque, les disques du jeune homme sont moins variés qu'aujourd'hui: quasiment que de tracks
dancefloor qui font la part belle a ses inspirations de Détroit. La touche Garnier est cependant déjà présente, dès Shapes Under Water, on entre dans son univers: deep,
sombre, légèrement transe. Le morceau se durcit au fur et à mesure que le pH diminue (represents Jack ;-) et les claphands prennent part a la fête. Astral Dreams, un de ses
premiers tubes, est une lente montée acide qui impactera la scène electro française (Daft Punk et Etienne De Crecy au premier rang) et anglaise
(Underworld, etc.). Boucing Metal réussit un équilibre entre deep et acid, le morceau ne basculant jamais franchement dans un des 2 styles, ce qui bizarrement laisse un
goût un peu frustrant. Rising Spirit démarre comme un titre d'ambient, avant d'évoluer vers un breakbeat mou. Harmonic Groove souffre de synthés un peu cheap et mériterait une
petite edit 2012... The Force a sûrement servi de matière première pour le mythique Flashback, et bien que plus léger, ce track fourmille de bonnes idées. Aah, un morceau de
bourrin ! Geométric World, construit autour d'une ligne de caisses et d'un kick musclé et rapide, monte en puissance vers une techno acid-maximale. 022 annonce la techno
deep et classieuse, qui servira de trame commune aux artistes des 90's de FCom. Petit clin d'oeil au Rex club, avec Rex Attitude qu'on imagine bien là bas en début de set: 3minutes
gentilles au départ, puis un thème plus lourd, tout en écho. Les harmonies sombres de Raw Cut compensent la vitesse et le kick du morceau. Track For Mike clot l'album en
douceur, cet ovni sonne comme les prods calmes de ses mentors (il fait sans doute reference à Mad Mike de Underground Resistance). Rares sont les oeuvres electro qui n'ont
pas pris de ride à leur majorité (et oui, 94-12 !), la postérité retiendra
Pas vraiment une découverte cet album, mais voyons
l'impact de ce monument 15 ans après. Fat Boy Slim n'a pas inventé le Big-beat, loin de là, mais ce disque en synthétise parfaitement l'essence et a prouvé que ce style musical
n'était pas réservé à une élite underground de djs anglais. Le son: des grosses, très grosses caisses, des samples vocaux (qui comme chez Prodigy ont un peu mal vieilli) et des
nappes plus ou moins inspirées. D'entrée de jeu, le tube Right here, right now, aprés une intro trip-hop et trippante, nous met sur les rails pour une heure de pur Big-beat. Avec The
rockafeller skank, FBS enfonce le clou, ce morceau reste un Dj tool pour passer de la house au rock, ou inversement... Le passage d'accéleration par contre n'est pas tés
dansable, quoique j'ai déjà vu des djeuns pogoter dessus ! Arrive mes 2 morceaux favoris:
L'agressivité dans les
beats est compensée par des harmonies deep et surtout des kicks relativement réguliers par rapport à ses potes de Warp AFX et Squarepusher. Bref,
Clark donne dans la techno nerveuse et barrée, mais qui claque assez pour rester à portée de la plupart des fans d'electro. Totems Flare est, à ce jour, l'apogée
de ce jeune homme (je parlerais aussi de Turning Dragons, moins varié mais tout aussi excellent) qui assume son héritage des collègues de Warp, tout en perfectionnant son art. Outside
Plume installe une ambiance froide et indus qui restera une des trames communes à ses compositions. L'intro toute en basse, laisse place à un kick décalé, lent et puissant qui fait bien
remuer la tête, en réalité le morceau n'est pas vraiment à 70 BPM, mais plutôt à 140 avec un pied sur 2 (pas pratique pour marcher...), à l'heure où j'écris ces lignes, je check en direct
cette thèorie, et effectivement, en passant Rock'n'Roll des Daft en même temps, ça le fait ! L'idée de
Wave Digger est mon disque préféré des HT ?
Barb4ry, sorti en 2003 est à ce jour leur chef d'oeuvre musical, dés Kika et
ses violons, on sent qu'on n'a plus affaire à des petits fumeurs mais des musiciens aux arrengements solides. Versus propose une name-dropping du mal "
moderne est le DVD qui propose des tas d'applications plus ou moins geek et toujours
très poétiques pour reconstruire (edit) les morceau du disque soit-même, dans l'esprit des pionniers du "Cd avec bonu" Coldcut à l'époque, mais de façon mille fois plus
belle (en 97 c'était chaud aussi !). L'ambiance et le visuel se marrient parfaitement et c'est une façon toute particulière et extraordinaire de se plonger dans un album. Une véritable
valeur ajoutée du superbe CD-DVD qui est l'avenir de l'Album (Bjork a repris l'idée en 2011 avec Biophilia), Voilà quelques